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"Choose France" ou la traite de la vache à lait

En cette année 2026, on nous rebat les oreilles avec Choose France, le prooojet d'Emmanuel Macron pour "relancer notre industrie".

On annonce 93 milliards d'euros d'investissements, 15.000 emplois créés, un dynamisme à faire palir une trente glorieuse.


En réalité, il faut quand même se réveiller un peu. Il faut bien comprendre que la part belle est faite aux investisseurs étrangers, qui voient comme une aubaine le fait de pouvoir investir dans les rares secteurs encore porteurs en France. Pourquoi investir alors que les charges des entreprises sont au maximum, me direz-vous ? Et bien pour mettre la main sur des brevets, des façons de faire, des technologies. Ou encore pour se positionner en plate-forme logistique géographiquement au centre de l'Europe.


Vous me demanderez alors pourquoi je râle, pourquoi je critique ? Tout simplement parce que dans le monde économique actuel, c'est l'investisseur qui gagne à la fin. Les promesses de création d'emploi peuvent (et des exemples passés en sont témoins) se détricoter en moins de temps qu'il n'en faut à l'entreprise pour se délocaliser.

Ainsi, une fois les brevets pillés, les savoirs-faires compris, si l'actionnaire n'a pas pris soin de défiscaliser, hop hop, voila la délocalisation, voila les employés sur le carreau. Est-on benêts à ce point-là ?


Dans ces 93 milliards d'euros, on voit que SoftBank se taille la part du lion, promettant un investissement de 75 milliards. SoftBank Group est un conglomérat japonais fondé et dirigé par Masayoshi Son. Ici, la négociation porte sur des terrains utilisables pour des constructions, l'utilisation d'énergie bon marché avec le nucléaire et l'intervention de l'Etat pour aider au développement.

J'avais au départ l'idée de la vache à lait pour présenter la France comme le pré, les français comme les vaches et les japonais comme les trayeurs qui profitent du lait. Je peux ajouter le coucou, cet oiseau qui s'installe à la place des autres dans le nid. Pour filer la métaphore, SoftBank joue en 2026 le rôle qu'aurait auparavent joué l'Etat en soutenant ses filières industrielles.

Au lien de donner des milliards à la corruption ukrainienne, un vrai gouvernement aurait pris sur lui d'investir pour l'avenir sur ces filières, avec pour but ultime de faire émerger des fleurons français.


C'est cette stratégie qui a fait émerger le Concorde, le TGV, l'énergie nucléaire, le Rafale.


La stratégie de ce gouvernement est tout autre : héberger un coucou (SoftBank) qui va profiter des largesses de l'état qui va faciliter son implantation, et qui va tuer toute initiative locale. Une belle balle dans le pied en somme.

Je me demande comment il est possible de ne plus avoir de hauteur de vue, de ne plus avoir de conscience stratégique, d'accepter de se laisser plumer par l'étranger à chaque fois que cela est possible.

Un vrai programme eut nécéssité d'avoir des hommes politiques qui se soucient plus de l'avenir de la France que de leur ubris qui certes, brillera pendant quelques jours, mais seront maudits dans quelques années, quand les français se réveillerons locataires de leurs biens de production.


Par ailleurs, il faut se rappeler aussi que ce sont beaucoup d'annonces, mais que les engagements se font par tranche.

En 2025, sur les 40 milliards annoncés, environ 20 ont réellement été engagés sur des capex planifiés jusqu'en 2031. On peut le lire comme une porte de sortie idéale des investisseurs si le projet "ne donne pas satisfaction" (i.e. on a tout pompé, on peut partir, on ne va pas continuer et, oh surprise, il y a la clause qui va bien dans le contrat ...). Là encore, ce n'est pas comme si on ne nous l'avais jamais faite ...


Il est clair aussi qu'en matière nucléaire, après le sacage de la filière française et le redémarrage de celle-ci, la "promesse" de Macron de nouveaux réacteurs (6 nouveaux EPR2 + 8 possibles) patine, notamment financièrement.

Le coût initial était estimé à 51,7 Md€. Il est ensuite passé à 67,4 Md€ et EDF l'évalue désormais à environ 72,8 Md€ pour les six premiers EPR2. De son côté, la Cour des comptes a estimé début 2025 que la France était encore « loin d'être prête » pour lancer le programme à grande échelle, notamment en raison des incertitudes de financement, des capacités de la filière industrielle et des tensions sur la chaîne d'approvisionnement.

Or, si ce projet n'avance pas, il est clair que SoftBank reprendra ses billes et ira "choose" ailleurs pour trouver l'énergie nécessaire à ses fermes de serveurs et autres I.A.


J'ai donc de vraies interrogations, si vous avez des réponses plus engageantes, je suis preneur.


Stéphan Le Doaré

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