Histoire lunaire
- Stéphan Le Doare

- il y a 4 jours
- 4 min de lecture

Après 19 ans à tenir à bout de bras une SARL, la "longue traine" du COVID aura eu raison de mes meilleurs clients, m'invitant donc à une introspection et à une action qui n'est jamais simple : l'arrêt de mon activité de conseil informatique.
La difficulté n'était pas de ne plus travailler car j'ai plusieurs activités, mais c'était ce sentiment d'avoir créé quelque chose qui me donnait une liberté, celle de travailler dans un domaine que j'aimais.
Ce n'était cependant plus tout à fait vrai.
D'un côté, le monde de l'informatique a bien changé, de l'autre, je développais de sérieuses compétences sur d'autres domaines tels que l'intelligence artificielle, l'écriture, l'immobilier...
Le moment était donc venu de renoncer.... Choisir.
J'ai donc acquis une nouvelle compétence, celle de vivre la fermeture de sa structure après 19 ans de "bons et loyaux services", le 31 décembre 2023. Surtout je ne dirais pas le montant astronomique reversé aux URSSAF et autres TVA durant toutes ces années, ni le montant qu'il faut encore payer pour fermer une structure, fût-elle gérée sans aucune dette en "bon père de famille" (ce dont je suis très fier). Même ça, il faut le provisionner et Le cumul est effrayant.
Quoi qu'il en soit, il me fallait une structure pour facturer mes autres activités en Intelligence Artificielle. Je crée donc dans la foulée un SIRET d'auto-entrepreneur le 1er janvier 2025.
Et là commence Kafka...
Malgré des relances régulières, malgré l'enregistrement via le site INPI (Institut National de la Propriété Intellectuelle, qui gérait la propriété intellectuelle et gère maintenant la création d'entreprise !?!), malgré l'émission d'un numéro de Siret par le greffe du tribunal de commerce compétent, impossible d'accéder à un quelconque compte URSSAF.
L'accès à mon compte basé sur mon numéro de sécurité sociale me renvoie à ma société cloturée et mes tentatives sur le site dédié aux auto-entreprises me renvoient à un compte créé par un salarié d'un de mes anciens experts-comtables, qui avait du se tromper et me créer un compte (avec mot de passe), sans m'en informer.
Les Urssaf, contactés, m'expliquent enfin en mai (!) que je fais partie des personnes qui ont été victimes d'un problème (hacking) sur la base de donnée et que la synchronisation avec le greffe du tribunal ne s'est pas fait. Je n'existe donc pas pour les URSSAF. Et donc impossible pour moi de faire valoir mes droits, car il me faut un document URSSAF que je ne peux donc pas avoir. La CAF ne conçoit donc pas de faire son travail en débloquant des fonds auxquels nous avons droits pour ma famille, etc, etc...
Il faudra attendre novembre (!) pour que le problème se résolve, et que je puisse enfin avec bonheur régler l'URSSAF de tout mon passif depuis le début d'année. Comment dire...
Mais l'histoire ne s'arrête pas là : je tente de régler un trimestre en mars 2026. Rien n'y fait. Je regarde de plus près et me rends compte que les URSSAF ont remonté deux comptes bancaires dans mon espace personnel, deux comptes qui sont ceux de mon ancienne société, qui n'existent plus (!). Le troisième (nous n'avons droit qu'à trois comptes bancaires dans cet espace) est celui de ma banque en ligne. Les paiements ne fonctionnent pas. La messagerie ne fonctionne pas. Impossible de s'expliquer par écrit, impossible d'envoyer des pièces jointes comme des copies d'écran pour prouver sa bonne foi.
Après enquête, il s'avère que je ne peux pas supprimer les comptes bancaires parce que mon profil est inscrit avec un mail dont le nom de domaine (la partie après le "@") n'est pas "sécurisé". Quand je demande ce que veux dire "sécurisé", la personne me répond "Ce n'est pas un compte gmail ou Orange". Je lui demande donc s'il faut absolument un mail d'opérateur ou gmail pour avoir accès a mon tableau de bord URSSAF et la personne me répond.... oui... Quand au paiement via ma banque en ligne, l'URSSAF refuse de recevoir de l'argent via cette banque (!)
Je tenais à vous raconter le déroulé complet de cette histoire pour illustrer d'une part les "charges mentales" qui pèsent sur ceux qui entreprennent, et d'autre part le niveau d'incompétence de personnes qui ont un certain pouvoir et qui font n'importe quoi. Traiter numériquement avec l'URSSAF doit donc passer par un mail américain (gmail) et donc un serveur, de la donnée, un flux informatique américains.
A l'heure ou les investisseurs qui soutiennent la société labellisée par l'Union Européenne pour collecter les données de la facturation électronique sont entre autre des sociétés chinoises dirigées par des généraux de l'APC (Armée Populaire de Chine),
à l'heure ou la rédaction de l'appel d'offre pour la sécurité des systèmes d'information de l'ensemble des ministères (excepté l'armée) a été confié au ministère de l'agriculture,
à l'heure ou ce même appel d'offre a été remporté par une société franco-canadienne (même pas française donc),
à l'heure ou un second appel d'offre a été rédigé toujours par le ministère de l'agriculuture pour le choix des systèmes,
à l'heure ou la même société a remporté ce nouvel appel d'offre,
... plus rien ne m'étonne en fait...



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