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VIGINUM : qui surveille les gardiens de notre démocratie ?


Si vous ne connaissez pas VIGINUM, il va peut-être falloir commencer à vous y intéresser.


Le Service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères (VIGINUM) est un service technique et opérationnel de l'État français, créé par décret le 13 juillet 2021 et rattaché au Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), lui-même placé sous l'autorité du Premier ministre.

Sa mission officielle est de détecter et caractériser les opérations d'ingérence numérique étrangère susceptibles de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation, notamment lorsqu'elles cherchent à altérer le débat public.


Concrètement, VIGINUM surveille les plateformes en ligne, analyse les comportements coordonnés, les infrastructures techniques et les mécanismes d'amplification artificielle de contenus. Il documente les opérations détectées et publie régulièrement des rapports.


Sur le principe, difficile d'être contre.

Les réseaux sociaux sont devenus des champs de bataille informationnels. Des puissances étrangères utilisent faux comptes, campagnes coordonnées, influenceurs, algorithmes et désormais intelligence artificielle pour influencer les opinions publiques.

Une démocratie qui refuserait de se protéger contre ces pratiques serait naïve.


Mais la création d'un tel outil pose immédiatement une autre question :

qui surveille ceux qui surveillent les manipulations de l'information ?


Et surtout :

à partir de quel moment la protection du processus démocratique contre les ingérences peut-elle devenir elle-même une intervention dans le processus démocratique ?


L'élection présidentielle roumaine de 2024 offre à cet égard un cas d'école.


Le séisme roumain

Le 24 novembre 2024 se déroule le premier tour de l'élection présidentielle roumaine. C'est un séisme.

Călin Georgescu, candidat nationaliste indépendant quasiment inconnu du grand public quelques mois auparavant et donné très bas dans les sondages, arrive en tête avec près de 23 % des suffrages. Sa progression spectaculaire, notamment sur TikTok, provoque immédiatement interrogations et soupçons. Des documents des services de renseignement roumains sont déclassifiés. Ils font état de manipulations coordonnées sur les réseaux sociaux et de possibles ingérences étrangères.


Puis survient une décision exceptionnelle.

Le 6 décembre 2024, la Cour constitutionnelle roumaine annule l'intégralité de l'élection présidentielle.

C'est un point chronologique essentiel pour comprendre ce qui va suivre :

Et VIGINUM s'intéressait déjà au phénomène : son analyse porte sur la période allant du 25 novembre au 20 décembre 2024.

Autrement dit, pendant que la Roumanie traverse cette crise politique majeure, les services français analysent déjà les mécanismes numériques ayant accompagné l'ascension de Georgescu.


Début février 2025, VIGINUM publie son rapport « Manipulation d'algorithmes et instrumentalisation d'influenceurs – Enseignements de l'élection présidentielle en Roumanie & risques pour la France ».

Le document décrit une mécanique impressionnante.

Des milliers de comptes participent à l'amplification artificielle de mots-clés associés à Georgescu sur TikTok, plus d'une centaine d'influenceurs sont impliqués...

Certains ont été rémunérés par l'intermédiaire de plateformes spécialisées afin de produire des contenus qui ont bénéficié au candidat.

Des mécanismes similaires d'amplification sont également observés sur d'autres réseaux.


Mais un élément du rapport est absolument essentiel. VIGINUM précise que son analyse :

« ne caractérise en aucun cas une ingérence numérique étrangère ».

La nuance est considérable !

VIGINUM démontre des mécanismes de manipulation et d'amplification artificielle.

Mais il ne démontre pas qui les commande.

Et c'est précisément l'une des grandes difficultés des opérations numériques.

Quiconque travaille sur la cybersécurité le sait : attribuer formellement une attaque informatique est extrêmement complexe. Dans une opération d'influence sur les réseaux sociaux, cela peut l'être encore davantage. Faux comptes, VPN, prestataires, intermédiaires, plateformes de marketing, influenceurs parfois inconscients de la finalité réelle d'une campagne... On peut observer la manipulation sans nécessairement pouvoir identifier celui qui manipule.

Et c'est là que l'affaire roumaine devient encore plus intéressante.


Quand une partie de la manipulation mène au PNL

Des enquêtes journalistiques roumaines révèlent ensuite qu'une partie de la campagne d'influence observée sur TikTok avait été financée par le Parti national libéral roumain (PNL). Le PNL n'est pas exactement un parti révolutionnaire hostile à Bruxelles. C'est un parti de centre droit, pro-européen, appartenant à la famille politique du Parti populaire européen. Le parti avait mandaté l'agence Kensington Communication pour organiser une campagne d'influence. Environ 130 influenceurs auraient reçu des instructions. La campagne aurait généré quelque 2,4 millions de vues pour un coût proche de 300 000 euros.Officiellement, les influenceurs devaient produire des contenus autour des « qualités d'un futur président ». Mais la campagne a bénéficié à Georgescu !

Pourquoi un parti pro-européen aurait-il participé à une mécanique favorisant un candidat nationaliste et eurosceptique ?

L'explication avancée par les enquêtes roumaines est particulièrement intéressante.

Le PNL aurait cherché non pas à faire élire Georgescu, mais à augmenter sa visibilité afin de fragmenter l'électorat nationaliste. Une vieille technique électorale : favoriser un adversaire que l'on pense plus facile à battre afin d'affaiblir son véritable concurrent.

Seulement, cette fois, quelque chose aurait échappé aux stratèges. La dynamique créée autour de Georgescu aurait été reprise et amplifiée bien au-delà de cette campagne. Et l'homme que certains pensaient peut-être instrumentaliser finit premier du scrutin.


Il faut immédiatement poser une limite.

Cela ne démontre absolument pas que l'ensemble de la campagne numérique ayant favorisé Georgescu provenait du PNL.

D'autres réseaux ont existé. D'autres acteurs ont pu intervenir. Une implication étrangère n'est pas exclue pour autant.

Mais cette révélation modifie profondément la lecture de l'affaire : une partie au moins de la mécanique d'influence autour du candidat avait également une origine politique intérieure roumaine.

Et cela devrait inciter à la prudence avant d'attribuer automatiquement toute dynamique politique inattendue à une puissance étrangère.


C'est ici qu'intervient la France.

L'élection a été annulée le 6 décembre 2024.

Le rapport VIGINUM suite au travail préalable est publié début février 2025.

Les 5 et 6 février 2025, Benjamin Haddad, alors ministre délégué chargé de l'Europe, se rend à Bucarest.

Il ne s'agit pas simplement de deux événements sans rapport.

La diplomatie française les associe elle-même.

Au moment de la publication du rapport VIGINUM, le Quai d'Orsay affirme que la France se tient aux côtés de la Roumanie face aux ingérences numériques, soutient les mesures européennes prises concernant TikTok et précise que Benjamin Haddad se rend à Bucarest pour aborder notamment ces sujets.

Il faut donc être extrêmement précis.

La France n'a pas provoqué l'annulation de l'élection roumaine.

La chronologie interdit de le prétendre.

Mais Paris intervient clairement dans l'après-crise.

La France apporte son expertise, son analyse et son soutien diplomatique à la réponse institutionnelle roumaine et européenne.

Autrement dit, elle n'a pas déclenché l'extincteur mais elle contribue en revanche à légitimer politiquement la manière dont les autorités roumaines et européennes ont décidé d'éteindre l'incendie.


Et c'est là que commence, selon moi, la véritable question politique.

Que protégeait-on exactement ?

Imaginons un instant la situation inverse.

Un candidat ouvertement anti-européen arrive premier dans une élection d'un pays stratégique de l'Union européenne et de l'OTAN.

Le scrutin est annulé après la révélation d'importantes manipulations numériques.

Le candidat arrivé premier est ensuite empêché de participer à la nouvelle élection.

La France apporte son expertise en matière d'ingérence numérique.

L'Union européenne intervient auprès des plateformes.

Puis un candidat profondément pro-européen remporte finalement le nouveau scrutin.

Aucun de ces éléments, pris séparément, ne démontre un complot.

Et leur succession ne suffit pas davantage à le démontrer.

Mais l'ensemble produit incontestablement un résultat conforme aux intérêts géopolitiques de l'Union européenne et de la France :

la Roumanie reste solidement ancrée dans le camp européen et atlantique.


La question mérite donc d'être posée :

protégeait-on uniquement l'intégrité du processus électoral roumain ?

Ou protégeait-on également, consciemment ou non, l'orientation géopolitique européenne de la Roumanie ?

Les deux objectifs peuvent d'ailleurs parfaitement avoir coexisté.

Et c'est précisément ce qui rend la situation intéressante.

Lorsque l'élection présidentielle doit être rejouée en 2025, Călin Georgescu souhaite naturellement se représenter. Mais le Bureau électoral central refuse d'enregistrer sa candidature. La décision est prise par dix voix contre quatre. Georgescu conteste cette décision devant la Cour constitutionnelle. Il échoue.

Le candidat arrivé premier au scrutin de novembre 2024 ne participera donc pas au nouveau scrutin présidentiel. Encore une fois : cette décision possède une justification juridique et constitutionnelle.

Mais son effet politique est considérable.

Le principal bénéficiaire électoral de la crise de novembre disparaît de la compétition.


La nouvelle présidentielle se déroule en mai 2025.

Au second tour s'affrontent George Simion, représentant du camp nationaliste, et Nicușor Dan, clairement pro-européen et favorable à l'OTAN.

Le 18 mai 2025, Nicușor Dan remporte l'élection. il est investi quelques jours plus tard. La Roumanie reste dans le camp européen.

Là encore, cela ne démontre aucune machination.

Mais lorsqu'une succession de décisions institutionnelles aboutit à empêcher le vainqueur initial de se représenter et conduit finalement à l'élection du candidat correspondant le mieux aux orientations géopolitiques de Bruxelles, une démocratie mature doit accepter que des questions soient posées.


Poser ces questions n'est pas adhérer à une théorie du complot.C'est précisément le rôle du débat démocratique.


Et puis Thierry Breton parle...

Quelques semaines après l'annulation roumaine, une déclaration va rendre le débat encore plus troublant. Le 9 janvier 2025, sur RMC, l'ancien commissaire européen Thierry Breton évoque les règles européennes applicables aux grandes plateformes numériques.

Il explique qu'il faut faire respecter les lois européennes lorsqu'elles risquent d'être contournées.

Puis il prononce cette phrase :

« On l'a fait en Roumanie, il faudra évidemment le faire en Allemagne si c'est nécessaire. »

Cette phrase mérite d'être prise au sérieux. Elle ne prouve absolument pas que Bruxelles aurait ordonné l'annulation de l'élection roumaine.

Thierry Breton n'est d'ailleurs plus commissaire européen lorsqu'il prononce ces mots.

Mais rappelons qu'il a été l'un des acteurs majeurs de la mise en œuvre du Digital Services Act, précisément destiné à imposer de nouvelles obligations aux grandes plateformes numériques.

Lorsqu'un ancien commissaire européen de ce niveau explique publiquement que « nous l'avons fait en Roumanie » et qu'il faudra éventuellement « le faire en Allemagne », la question du sens de cette phrase est parfaitement légitime.

Qu'est-ce que ce « on » ?

Et surtout :

qu'est-ce exactement que l'on pourrait devoir « faire » en Allemagne ?


Pourquoi l'Allemagne ?

La référence à l'Allemagne n'est évidemment pas anodine.

L'Alternative für Deutschland (AfD) est devenue l'une des principales forces politiques allemandes.

Aux élections fédérales de février 2025, elle obtient 20,8 % des suffrages, son meilleur résultat historique à une élection fédérale.

Dans plusieurs Länder de l'Est, ses scores sont encore nettement supérieurs.

Le parti est eurosceptique, profondément critique à l'égard de certaines orientations de l'Union européenne et hostile à une partie de la politique migratoire allemande.

Parallèlement, l'AfD fait l'objet d'une surveillance des services allemands de protection de la Constitution.

Le BfV avait décidé en mai 2025 de qualifier l'ensemble du parti, au niveau fédéral, d'organisation d'extrême droite confirmée.

Mais cette qualification est contestée devant la justice.

Le tribunal administratif de Cologne a provisoirement empêché le BfV de continuer à présenter officiellement l'ensemble du parti comme « extrémiste de droite confirmé », dans l'attente d'une décision définitive.

L'AfD reste cependant considérée comme un cas suspect, ce qui permet déjà certaines mesures de surveillance.

Dans plusieurs Länder, certaines branches du parti sont par ailleurs classées comme extrémistes confirmées.


Il faut donc éviter le raccourci consistant à dire :

« le premier parti allemand est officiellement classé extrémiste ».

La réalité juridique est beaucoup plus complexe.

Mais le problème démocratique n'en disparaît pas pour autant.

Des millions d'Allemands votent pour une formation politique surveillée par les services chargés de protéger l'ordre constitutionnel allemand.

Cette surveillance peut être parfaitement justifiée.

Mais plus le parti devient puissant électoralement, plus le contrôle juridique et démocratique de cette surveillance devient essentiel.

Car une question se pose nécessairement :

qui définit la frontière entre une opposition radicale au système politique et une menace contre le système démocratique lui-même ?

Le problème dépasse largement VIGINUM


Revenons alors à la France.

VIGINUM n'est pas une police de la pensée. Il serait caricatural de le présenter ainsi. Ses missions sont encadrées juridiquement. Ses traitements de données sont soumis au droit français et européen. La CNIL intervient dans le contrôle de certains traitements. Un comité éthique et scientifique existe également. Tout cela doit être rappelé.

Mais cela ne signifie pas que nous devrions cesser de nous interroger sur l'évolution de ses pouvoirs.

Au contraire.

En février 2026, le cadre réglementaire de VIGINUM a encore évolué et ses capacités de collecte et d'analyse ont été adaptées à l'évolution des menaces numériques. Cela peut parfaitement se justifier car oui, les méthodes de manipulation évoluent. L'intelligence artificielle permet désormais de créer industriellement textes, images, vidéos, faux profils et campagnes informationnelles. Il serait absurde de demander aux services chargés de nous protéger de travailler avec les moyens de 2021.

Mais l'histoire des institutions enseigne également quelque chose :

les pouvoirs accordés à une institution pour répondre à une menace exceptionnelle ont tendance à devenir permanents.

Puis à s'étendre.

C'est précisément pour cela que les contre-pouvoirs existent.


Qui contrôle réellement VIGINUM ?

La vraie question n'est donc pas :

« Faut-il supprimer VIGINUM ? »

À mon sens, non.

Une démocratie moderne a besoin de capacités permettant d'identifier les opérations d'influence étrangères.

La vraie question est :

quel contrôle démocratique exerce-t-on sur un organisme qui dispose progressivement d'une capacité considérable d'observation du débat numérique ?

Quel est exactement le contrôle du Parlement ?

Quelles investigations peuvent être contrôlées a posteriori par une autorité véritablement indépendante de l'exécutif ?

Que se passe-t-il lorsqu'une analyse de VIGINUM est erronée ?

Comment une personne, une organisation ou un média injustement associé à une opération d'influence peut-il contester cette caractérisation ?

Quelle frontière existe entre une campagne politique parfaitement légitime, même radicale, et une opération informationnelle considérée comme suspecte ?

Et aussi : quelles garanties avons-nous qu'un gouvernement présent (le créateur) ou futur ne pourra jamais détourner un tel outil contre ses adversaires ?

La question est d'autant plus importante qu'il ne faut jamais construire une institution uniquement en fonction de la confiance que nous accordons au gouvernement du moment.

Il faut toujours imaginer ses pouvoirs entre les mains du gouvernement que nous aimerions le moins voir arriver au pouvoir.

C'est probablement le meilleur test démocratique qui existe.


Le paradoxe européen

Nous arrivons finalement à un paradoxe: L'Union européenne cherche à se défendre contre ceux qui voudraient manipuler les opinions publiques.

Mais pour y parvenir, elle développe progressivement des instruments capables de surveiller, analyser, qualifier et parfois limiter certaines dynamiques informationnelles.

Or les institutions chargées de protéger la démocratie sont elles-mêmes des institutions de pouvoir.

Elles peuvent avoir raison.

Elles peuvent également se tromper.

Elles peuvent être instrumentalisées.

Et surtout, elles peuvent finir par confondre deux choses pourtant très différentes :

protéger le système démocratique ;

et

protéger les orientations politiques produites par ce système, surtout si celui-ci est guidé par des personnes non-élus par le peuple, comme au sommet de l'Union Européenne.

C'est peut-être là que se situe le véritable risque.

Une démocratie doit pouvoir se défendre contre une puissance étrangère qui manipule clandestinement ses élections.

Mais une démocratie doit également accepter qu'un peuple puisse voter contre les orientations défendues par ses dirigeants.

Il peut vouloir moins d'Europe.

Il peut vouloir quitter une alliance.

Il peut vouloir modifier sa politique migratoire.

Il peut même faire un choix que ses partenaires considèrent comme catastrophique.

Tant que ce choix est exprimé librement, légalement et sans manipulation extérieure déterminante, c'est précisément cela, la démocratie.


Protéger la démocratie… mais contre qui ?

L'affaire roumaine ne démontre pas l'existence d'un complot européen destiné à empêcher les peuples de « mal voter ». Il serait intellectuellement malhonnête de le prétendre.

Elle révèle en revanche quelque chose de beaucoup plus subtil. Nous entrons dans une époque où la frontière entre la protection du processus démocratique et l'intervention dans le processus démocratique devient extraordinairement difficile à tracer. Et cette difficulté va exploser avec l'intelligence artificielle.

Demain, comment distinguerons-nous une mobilisation politique spontanée d'une amplification algorithmique organisée ?

Comment déterminerons-nous qu'un influenceur exprime réellement une conviction plutôt qu'il ne participe à une opération coordonnée ?

Comment attribuerons-nous une campagne utilisant des milliers d'agents d'intelligence artificielle ?

Et surtout :

qui aura le pouvoir de décider ?

VIGINUM ?

Le gouvernement ?

La Commission européenne ?

Les plateformes ?

Les services de renseignement ?

Les juges ?

Ou les citoyens ?

La réponse ne peut évidemment pas être unique.

Mais une chose devrait être non négociable : plus nous donnons de pouvoir aux institutions chargées de protéger notre démocratie, plus nous devons renforcer les institutions chargées de contrôler ces protecteurs.


Parce qu'une démocratie peut mourir lorsqu'elle refuse de se défendre contre ses ennemis.

Mais elle peut également s'abîmer lorsqu'elle commence à considérer que certains choix électoraux doivent être protégés contre les électeurs eux-mêmes. C'est toute la démonstration du précédent roumain :

La France n'a pas annulé l'élection.

VIGINUM n'a pas fait tomber Georgescu.

L'Union européenne n'a pas démontré qu'elle avait organisé son élimination politique.

Affirmer le contraire serait aller au-delà des faits.

Mais après l'annulation, la France a clairement participé à la réponse politique et diplomatique destinée à conforter les institutions roumaines face aux manipulations numériques identifiées.

Et le résultat final est incontestable :

le scrutin initial a été annulé ;

son vainqueur n'a pas été autorisé à participer au suivant ;

et la Roumanie a finalement élu un président profondément pro-européen.

Cela ne constitue pas une preuve.

Cela constitue une question.

Et dans une démocratie, il devrait toujours être permis de la poser :

Lorsque nos institutions prétendent protéger notre liberté de choisir, qui s'assure qu'elles ne commencent jamais à choisir à notre place ?

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